À Notre‑Dame de Chartres, le roi‑prêtre Melchisédech est représenté sur le portail de la façade nord ainsi que sur l’un des vitraux de l’une des lancettes au pied de la rosace nord. Il présente le pain et le vin et tient un encensoir, marque de sa prêtrise. Qui est Melchisédech et quel est son enseignement ?
lui donnant ainsi une bénédiction divine.
© Julie de Lagaye
Melchisédech roi et prêtre dans la Bible
Le roi Melchisédech, ce roi et prêtre du Dieu Très Haut, apparaît pour la première fois dans le récit biblique de la Genèse. Après la victoire du patriarche Abraham — encore appelé Abram — contre le roi d’Élam et ses alliés, Melchisédech vient à sa rencontre, échange avec lui le pain et le vin et le bénit :
Melchisedech vient de l’hébreu malkî-ṣedeq צדק מלכי qui est composé de malkî מלכי évoquant « Le roi » et de ṣedeq צדק qui signifie « Juste ». Melchisedech, est donc le roi juste ou le roi de justice.
Il est roi de Salem. En hébreu Shalem (שלם) signifie « paix », Melchisédech est donc un roi qui apporte la paix. Ceci, en opposition au roi guerrier Kedor-Laomer, roi d’Élam, et à ses alliés qu’Abraham combat et vainc après l’enlèvement de son neveu Lot (Gn 14, 11‑17).
Abraham, en donnant à Melchisédech « la dîme de tout » — c’est‑à‑dire le dixième de ses biens — reconnaît en Melchisédech un prêtre de ce Dieu qui lui a donné la victoire et à qui il fait allégeance, comme un vassal à son suzerain. Par ce geste en faveur d’un prêtre de Dieu, Abraham institue une reconnaissance, une action de grâce envers Dieu qui se perpétuera avec les Lévites, les serviteurs de Dieu de la tente du Rendez‑Vous dans le désert puis du temple de Jérusalem :
Ce don du dixième de ses biens institué par Abraham avec Melchisédech se retrouve avec la dîme versée à l’Église par les chrétiens.
Après les violents combats que dut affronter Abraham, le roi‑prêtre lui apporte la paix, mais aussi la prospérité avec le pain et la joie des mystères divins avec le vin. Le pain et le vin apportent une dimension reliant le monde matériel des humains à l’espace sacré du divin car cette nourriture est le fruit du travail des hommes.
Surtout, par cet échange et sa bénédiction, le roi‑prêtre Melchisédech donne à Abraham une consécration spirituelle et divine de sa victoire sur les forces matérielles.
Le royaume de Salem
replace ainsi la présence vivante de la parole divine
au centre de l’antique cité du roi Melchisédech.
© Dominique de Lagaye
D’où vient Melchisédech ?
Il est qualifié de roi de Salem mais le récit biblique ne donne aucune indication sur cette ville‑État de Salem. Toutefois, un psaume associe Salem à Sion :
Salem pourrait donc être l’ancien nom de Jérusalem dont Sion en est une colline, proche de celle où sera bâtie le temple. Surtout, c’est sur cette colline que l’arche d’alliance avait été accueillie du temps du roi Salomon :
Avant la construction du temple du roi Salomon sur le mont Moriah à Jérusalem, Sion était la colline de la présence divine. Ce parcours est rappelé par le prophète Zacharie :
En associant Salem à la colline de Sion, Melchisédech, en tant que roi de Salem et prêtre du Très‑Haut, possède le pouvoir matériel et spirituel qui fait de lui le gardien de la demeure où Dieu habitera.
Le roi sauveur du monde
Si la bible ne donne aucune source des origines de ce grand roi, d’autres écrits, apportent des précisions sur la vie et la mission de Melchisédech.
Ainsi, le prêtre‑roi est bâtisseur dans l’Évangile arabe de l’Enfance, texte syriaque du VIIe siècle, qui, lors de la Crucifixion, parle de « Jérusalem que Melchisédech a bâtie » (1, 3).
Dans le Livre de la caverne des trésors syriaque, c’est au Golgotha, « centre de la terre » que Sem, fils ainé de Noé, et Melchisédech obéissent à un ordre divin pour y ensevelir le corps d’Adam (22‑23). Ainsi Adam est purifié de son péché par l’eau et par le sang qui coulent des plaies du Christ, d’où la présence d’un crâne — celui d’Adam — souvent représenté au pied de la croix.
Une mystérieuse naissance dans le livre d’Hénoch
Tous deux ont pour mission de sauver l’humanité,
l’un de manière matérielle, l’autre de manière spirituelle.
Vitrail sur le nord de la nef de Notre‑Dame de Chartres
© Dominique de Lagaye
C’est surtout la version slave du Livre d’Hénoch qui va nous révéler les origines légendaires de ce prêtre‑roi.
Le Livre d’Hénoch, appelée également I Hénoch, est un ouvrage dont les parties les plus anciennes remontent au IIIe siècle av. J.-C. Ce livre décrit les visions d’Hénoch sur la chute des anges rebelles et sur le jugement des hommes et des anges à la fin des temps. Il existe des versions en syriaque, en copte, en grec, en latin et en éthiopien. Une version plus récente en slave du XVe siècle, appelée le Livre des Secrets d’Hénoch ou II Hénoch nous éclaire sur la mission de Melchisédech et ses origines.
par le linguiste André Vaillant en 1952, à l’Institut d’études slaves de Paris.
Le patriarche Mathusalem, le fils d’Hénoch, eut une vision du Seigneur lui annonçant « un grand désordre sur terre » (II Hénoch 69, 7) qui sera le Déluge, à cause des fautes des hommes. Dieu lui révèle également la destinée de ses deux petits‑fils qui sont les enfants de son fils Lamech. Noé, l’ainé, sera préservé. Quant au cadet, Nêr — nom inconnu dans la Bible —, il sera revêtu par son père des vêtements sacerdotaux, attributs de la prêtrise.
Vient la naissance mystérieuse de Melchisédech. Sophonim, la femme du prêtre Nêr était stérile. Bien que son mari n’ait pas « dormi avec elle » (70, 2) elle fut enceinte sans savoir comment. Alors que Nêr lui fait des reproches, celle‑ci tombe au pied de son mari et meure. L’archange Gabriel apparaît à Nêr et le rassure tout en lui faisant des reproches :
Nêr, désespéré, va voir son frère Noé et ensemble ils enterrent en secret Sophonim dans une tombe. C’est alors qu’ils virent l’enfant :
Noé conseille à son frère de « garder l’enfant dans le secret » (70, 21) à cause de la méchanceté des habitants de la terre. Comme Nêr s’inquiète de l’avenir de l’enfant et sa destinée, le Seigneur lui apparait en vision pour lui annoncer la destruction prochaine de la terre :
Comme le temps où le Seigneur doit lâcher les eaux sur la terre approche, Dieu charge Michel d’aller sauver l’enfant de Nêr :
C’est donc au paradis que Melchisédech est placé dans l’attente de l’arrivée de ce « grand peuple » dont il sera le prêtre et dont le plus illustre représentant sera Abraham (Gn 14, 18).
L’exécuteur de la justice divine chez les Esséniens
La figure de Melchisédech, roi de justice, est présente chez les Esséniens très attachés à la notion de justice divine. Les Esséniens sont une communauté religieuse implantée à Qumran au bord de la mer Morte près de Jéricho, entre le IIe siècle av. J.-C. et le Ier siècle ap. J.-C. Ils se sont établis dans le désert afin de retrouver la pureté du judaïsme dans l’attente du Messie.
Dans la Légende Hébraïque de Melkisédeq, ouvrage du Ier siècle av. J.-C., Melchisédech (orthographié ici Melkisédeq) est présenté comme un sauveur, un juge, voire un être divin qui exécute la justice de Dieu.
traduite par l’orientaliste André Caquot dans les Écrits intertestamentaires (1987)
À « la fin des jours », Melchisédech joue un rôle important lors de l’affranchissement des captifs :
En tant que roi de justice Melchisédech est donc le protecteur des affranchis — ceux qui sont libérés du péché —, devenus « Fils du ciel ».
Par sa puissance, il apporte une « année de Bienveillanceanbsp;» :
La place de Melchisédech est au‑dessus des Saints de Dieu car c’est lui qui exerce sur eux la justice divine, debout avec les dieux (les êtres célestes).
Melchisédech va jusqu’à exercer la justice divine au‑dessus des dieux :
Melchisédech est comme Dieu, il est le sauveur des justes, en les délivrant du mal représenté par Bélial. Bélial (ou Béliar, cf. 2 Co 6, 15) est la personnification terrifiante du mal. La Hauteur désigne le soutien aux fils de Dieu, ce sont les anges du salut. Par son pouvoir de justice divine, Melchisédech est donc vénéré comme un dieu :
Pour les Esséniens, Melchisédech protecteur des Fils du ciel, juge des Saints de Dieu, exécuteur de « la vengeance des commandements divins », libérateur des esprits, est directement assimilé à un dieu.
Le vainqueur des Archontes dans la Gnose
Au IIe siècle se sont développés divers courant gnostiques. Pour les Églises chrétiennes, la chute de l’homme résulte de son péché et son salut provient de la grâce divine, manifestée par la crucifixion du Christ et sa résurrection. Pour les gnostiques la chute procède de l’ignorance de l’homme et le salut s’obtient par la connaissance des mystères divins, notamment celle de son origine avant la séparation d’avec Dieu.
Dans l’Apocalypse de Gamaliel, ouvrage gnostique du IIe siècle ap. J.-C., Melchisédech accède aux « mystères cachés » de la descente du Christ sur terre. Ceux‑ci lui sont révélés par l’ange Gamaliel, ange chargé dans la gnose d’emporter les âmes des élus au ciel.
traduite par l’orientaliste Jean‑Pierre Mahé dans les Écrits gnostiques (2007)
Melchisédech est le porteur d’espérance :
Comme le Christ, par son enseignement unique et vrai, Melchisédech apporte la vérité, l’espérance et les dons de la vie aux peuples (cf. Jn 14, 6).
En révélant son nom, Melchisédech dévoile les origines de sa prêtrise :
Par son nom de roi de Justice, Melchisédech est assimilé au Christ (He 7, 3), tous deux prêtres du Dieu Très‑Haut. En tant que « Grand Prêtre du Dieu Très‑Haut », Melchisédech remporte la victoire contre ses ennemis :
Les Archontes sont les puissances de ce monde qui emprisonnent l’âme dans la matière. Melchisédech, lui, n’appartient à aucun lieu de ce monde matériel. Pour les gnostiques, Melchisédech, ayant reçu la connaissance des mystères divins par l’ange Gamaliel, il se fait un nom en tant que Grand Prêtre du Dieu Très‑Haut et est vainqueur des ennemis de ce monde dont il n’est pas soumis et reposera en un lieu « vivant et saint » hors de ce monde matériel et mauvais.
Au XXe siècle, cette figure de Melchisédech, gardien des mystères divins, se retrouve chez l’écrivain ésotérique René Guénon (1886‑1951). Dans son livre le Roi du Monde publié en 1927, il voit en lui le détenteur et gardien de la tradition primordiale qu’il transmet à travers la tradition hébraïque :
Des gnostiques des premiers siècles de notre ère aux ésotéristes comme René Guénon au XXe siècle, Melchisédech, par son nom et sa prêtrise à la « ressemblance du véritable Grand Prêtre du Dieu Très‑Haut », est le triomphateur des autorités de ce monde et devient ainsi le véritable « roi du monde ».
Un ordre sans commencement ni fin
sa nature divine fait de lui un être sans commencement ni fin,
du même ordre que celui de Melchisédech.
© Julie de Lagaye
Dans l’Ancien testament, seuls Aaron et les Lévites pouvaient, en tant que prêtres, rendre un culte à Dieu. Or l’ancien testament évoque « l’ordre de Melchisédech » indépendant du précédent :
L’apôtre Paul dans son épître aux Hébreux, s’inspirant du psaume 109 (110), apporte des précisions sur cet ordre de Melchisédech :
Melchisédech comme le Christ dispose du double pouvoir de roi et de grand prêtre. En tant que roi, ils ont tous deux les attributs de la paix et de la justice. En tant que grand prêtre, ils sont les sacrificateurs du Dieu Très‑Haut. Par le partage du pain et du vin, ils accomplissent le sacrifice qui permet l’union eucharistique entre l’Homme et Dieu :
Le Christ, comme Melchisédech, est sans père, sans mère, sans généalogie, sans commencement ni fin. En réalité, il est fort probable que Melchisédech a des parents comme le relate le livre slave d’Hénoch. De même la généalogie du Christ est détaillée dans les évangiles de Mathieu (Mt 1, 1-17) et de Luc (Lc 3, 23-38) et elle est souvent représentée dans les cathédrales à partir de son lointain ancêtre Jessé. Son père adoptif Joseph et sa mère Marie sont connus, mais sa nature divine reste un mystère. Leurs origines terrestres ne sont que l’apparence visible de leur véritable origine qui est céleste ; tous deux sont des êtres issus du divin « dont les jours n’ont pas de commencement et dont la vie n’a pas de fin. »
Ainsi, l’ordre de Melchisédech auquel appartient Melchisédech et le Christ est un sacerdoce royal, réservé aux « Fils de Dieu » que sont Melchisédech (He 7, 3) et le Christ (Mc 1, 1 ; Jn 1, 34) et préexistant à celui d’Aaron et des lévites car il vient directement du Dieu Très‑Haut pour le salut éternel des hommes.
Un chemin vers le divin révélé à Chartres
Le prêtre‑roi est représenté au moins deux fois dans la cathédrale de Chartres : il est sculpté sur le portail de la façade nord et est représenté sur un vitrail du transept nord.
Triple transmission des mystères divins
La statue du roi‑prêtre Melchisédech sur le portail de la façade nord est placée à côté du patriarche Abraham, prêt à sacrifier Isaac, et de Moïse le législateur, tenant les tables de la loi et son bâton qui lui permet d’accomplir les signes de la puissance divine (Ex 4, 17).
Melchisédech est le prêtre‑roi du Dieu Très‑Haut. C’est avec Abraham « père d’une multitude de nations » (Gn 17, 5) que Dieu établit une alliance (Gn 17, 4). Quant à Moïse, il a reçu directement la Loi du « doigt de Dieu » — dans sa première version — sur le mont Sinaï, afin de la retransmettre à son peuple (Ex 31, 12‑18).
À travers la révélation à ces trois êtres apparaît la triple transmission de la parole divine :
- une transmission cachée, secrète mais d’origine divine avec Melchisédech, celui « dont les jours n’ont pas de commencement et dont la vie n’a pas de fin »,
- une transmission limitée aux élus d’une famille avec Abraham et sa descendance, grâce à une « alliance éternelle » voulue par Dieu (Gn 17, 7),
- une transmission destinée à tout un peuple, celui d’Israël « domaine particulier parmi tous les peuples » (Ex 19, 5‑6) avec la Loi transmise par Dieu directement à Moïse.
Ce triple enseignement, d’abord limité, s’ouvre et se révèle à tous les hommes avec le Christ qui est revêtu « du titre de grand prêtre » comme Melchisédech (He 5, 10). À travers le Christ s’accomplit la promesse faite « en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. » (Lc 1, 55) et c’est lui qui, annoncé par la loi de Moïse et trouvé par l’apôtre Philippe (Jn 1, 45), accompli cette triple transmission par l’ultime enseignement qui est la transmission universelle.
Sur sa statue, Melchisédech tient un calice duquel émerge un morceau de pain. Il est possible d’y voir une allusion au travail alchimique où le vase évoque le Mercure philosophale et le pain le Soufre, la Pierre Philosophale, qui transmute les métaux en or.
Ce calice peut aussi être une allusion au Graal — le calice qui aurait recueilli le sang du Christ sur la croix par Joseph d’Arimathie — qui apporte à ses bénéficiaires toutes les nourritures espérées comme le révèle le poète allemand Wolfram d’Eschenbach (1170‑1220) :
Bien entendu, la nourriture la plus désirée pour un chrétien est celle qui donne accès à la vie éternelle, qui est le corps du Christ :
À travers le pain et le vin, Melchisédech établit un lien avec le Christ mais aussi avec les prêtres de l’église catholique qui partagent le corps et le sang du Christ lors de l’eucharistie.
Du roi guerrier Nabuchodonosor au roi de paix Melchisédech
lui apporte une lignée royale alors que Melchisédech lui confère une dimension sacerdotale.
© Dominique de Lagaye
Dans le transept nord de la cathédrale, un vitrail représente Melchisédech au‑dessus du roi babylonien Nabuchodonosor. À ses côtés le roi David surmonte Saül.
La présence du roi David — représenté avec une lyre — rappelle que c’est par ce roi, ancêtre du Christ (Mt 1, 6), que les chrétiens sont également les héritiers de la promesse de Dieu faite à David :
Le roi David apporte la lignée royale au Christ. Quant à Melchisédech, il représente sa dimension sacerdotale. Par David et Melchisédech, les chrétiens deviennent le peuple de la nouvelle alliance, évoquée sur le vitrail avec la coupe, qui est également celle du sang du Christ.
En dessous de David, sur le vitrail, le roi Saül se tue avec son épée pour ne pas être capturé par les Philistins (1 S 31, 4). La mort de Saül ouvre la voie de la royauté à David. Ce dernier avait déjà été oint par le prophète Samuel (1 S 10, 13), associant ainsi la dimension royale à la mission sacerdotale de David et des futurs rois.
Sur le vitrail, sous le prêtre‑roi Melchisédech, est représenté Nabuchodonosor, roi de Babylone. Bien que tous les deux soient des figures bibliques, leur pouvoir royal et sacerdotal sont opposés. Le roi Nabuchodonosor est un guerrier qui conquiert Jérusalem, emporte le peuple en déportation à Babylone (2 R 24, 10‑16) et détruit le temple de Salomon (2 R 25, 8‑11). Au contraire, Melchisédech apporte la paix, la justice, la connaissance du Très‑Haut, dont le Christ est le temple reconstruit (Jn 2, 19-21). Sur le vitrail, Nabuchodonosor est agenouillé devant une statue d’or qu’il demande à ses sujets d’adorer (Dn 3, 1). Ceci sera la source de sa folie avant qu’il ne se repentisse et « exalte et célèbre le Roi du ciel » (Dn 4, 29‑34).
Ces deux figures royales éclairent les fidèles sur la relation entre l’humain et le divin. L’un, rempli d’orgueil se prend pour un dieu, l’autre au contraire, révèle la nature du vrai Dieu.
Malgré son importance biblique, la présence de Melchisédech est plutôt discrète dans les églises ou les cathédrales. Chartres était un lieu de culte celtique. Cette présence est rappelée par le puits celtique dans la cathédrale, la forêt des Carnutes où se réunissaient les druides, la vénération d’une Vierge noire qui enfante, la Virgo Pariturae. En effet, comme les Druides de l’antique Autricum vénéraient des symboles préfigurant la venue du Christ, de même Melchisédech, roi et prêtre de Salem, avait reçu une mission du Dieu Très-Haut sans que l’on en connaisse l’origine.
le Christ élève un calice car tous deux sont issus du même ordre sans commencement ni fin.
© Dominique de Lagaye
Ainsi, le roi‑prêtre de Salem Melchisédech, roi de paix et de justice, assure la continuité des traditions sur la connaissance de Dieu en les transmettant aux Hébreux avec Abraham puis aux Chrétiens à travers le Christ avec lequel il est assimilé (He 7, 3). Grâce à Melchisédech qui fournit le pain et le vin lors de sa rencontre avec Abraham, se réalise l’eucharistie, alliance parfaite dans la religion catholique entre Dieu et son peuple qui permet l’union en corps et en esprit de l’Homme réintégré à son Dieu. ∎






