De Notre-Dame de Paris au temple de Jérusalem


Bâtons dans le temple

Sur le tympan, est représenté un modeste édifice accueillant des bâtons.
Évoqué dans l’Évangile du Pseudo‑Matthieu, il s’agit d’une partie du temple de Salomon
où sont recueillis les rameaux qui permettront de révéler l’élu de Dieu,
celui qui sera chargé d’épouser la Vierge Marie.
Tympan du portail Sainte-Anne de la façade occidentale de Notre-Dame de Paris
© Julie de Lagaye

À Notre‑Dame de Paris, sur le tympan du portail Sainte‑Anne, est représenté un simple abri contenant douze rameaux éclairés par une lampe accrochée au plafond. Ce haut‑relief est en réalité une partie du temple de Jérusalem. Il est inspiré d’une scène de l’Évangile du Pseudo‑Matthieu (8, 2) où les représentants de la tribu de Juda apportent leur rameau au temple pour savoir lequel a été désigné par Dieu pour être l’époux de la Vierge Marie, (cf. Élection de Joseph pour être l’époux de Marie). En effet, ce lieu très saint aurait accueilli des filles de très hautes personnalités :

Depuis que ce Temple a été construit par Salomon, des filles de rois et de prophètes et de grands prêtres et de pontifes y ont demeuré et se sont montrées grandes et admirables.
Pseudo Matthieu, 8, 1

Cette modeste représentation du temple de Jérusalem sur la façade n’est qu’un faible aperçu d’un lien bien plus important qui relie la cathédrale Notre‑Dame de Paris au temple de Jérusalem.

Le temple de Jérusalem


David & Salomon

De David ayant reçu le plan du Temple
« d’un écrit de la main du Seigneur » (1 Ch 28, 19)
au roi Salomon, choisi pour construire une maison,
ces deux rois ont œuvré à la gloire de Dieu
en Lui édifiant une maison,
modèle de tous les sanctuaires tant matériels que spirituels.
Lancettes au pied de la rosace nord de Notre-Dame de Paris
© Julie de Lagaye

Dans la tradition hébraïque, l’arche d’Alliance, qui contient les tables de la Loi — don de Dieu transmis au patriarche Moïse pour son peuple —, rappelle la présence de Dieu parmi son peuple, la Chékinah שכינה qui est la plus haute révélation divine aux hommes.

Les plans du temple révélé au roi David

Cette arche, après avoir erré dans le désert pendant quarante ans puis séjournée dans différents sites en terre de Canaan, se doit de trouver un lieu stable. Tel est le souhait du roi David :

Le roi dit alors au prophète Nathan : « Regarde ! J’habite dans une maison de cèdre, et l’arche de Dieu habite sous une tente de toile ! »
2 Samuel 7, 2

Comme David est un roi guerrier, Dieu choisit son fils Salomon, futur roi de sagesse et de paix, pour construire le temple :

C’est ton fils Salomon, m’a-t-il dit, qui bâtira ma Maison et mes parvis, car c’est lui que j’ai choisi pour fils et je serai pour lui un père.
1 Chroniques 28, 6

Dieu révèle les plans du temple au roi David afin qu’il les transmette à son fils Salomon :

David donna à son fils Salomon le plan du vestibule, des bâtiments, des entrepôts, des chambres hautes, des chambres intérieures et de la salle du propitiatoire. Il lui donna aussi le plan de tout ce qu’il avait l’intention de faire concernant les cours de la Maison du Seigneur, toutes les pièces alentour, les trésors de la Maison de Dieu et les trésors sacrés […]. « Tout cela, disait David, se trouve dans un écrit de la main du Seigneur, qui m’a donné l’intelligence de tout le travail dont il donnait le plan. »
1 Chroniques 28, 11-12 ; 19

Le roi Salomon fait appel à Hiram, roi de Tyr qui lui envoie ses meilleurs ouvriers, dont Hiram-Abi qui, semblable à un architecte, sait organiser des hommes, connaît le travail des métaux et sait concevoir des projets :

J’envoie aussitôt un homme habile et intelligent, Hiram-Abi, fils d’une Danite, et de père tyrien. Il sait travailler l’or, l’argent, le bronze, le fer, la pierre, le bois, l’écarlate, la pourpre violette, le byssus, le cramoisi, graver n’importe quoi et concevoir des projets. C’est lui qu’on fera travailler avec tes artisans et ceux de Monseigneur David, ton père.
2 Chroniques 2, 12-13

Au Xe siècle av. J.-C., le roi Salomon construit le temple et y installe l’Arche d’Alliance dans le Saint des Saints, la partie la plus sacrée du Temple, où seul le grand prêtre y pénètre une fois par an pour recevoir l’oracle du Seigneur. Dans la Bible, la demeure de Dieu est désignée sous le nom de « temple » ; en réalité, le terme hébraïque utilisé est « maison » — Beth בית — car le temple de Jérusalem est la maison de Dieu. C’est en ce lieu que se manifeste Sa présence sur terre :

« Quant à cette maison que tu es en train de construire, si tu marches selon mes lois, si tu accomplis mes ordonnances et si tu suis fidèlement mes commandements, alors j’accomplirai ma parole sur toi, celle que j’ai dite à ton père David, et j’habiterai au milieu des Israélites et je n’abandonnerai pas mon peuple Israël. » Salomon construisit le Temple et il l’acheva le Saint des Saints.
1 Rois 6, 13-14

Destruction du temple par Nabuchodonosor II
et sa reconstruction

Hélas, les trésors sacrés sont pillés (2 Ch 24, 11) et le temple brûlé (2 Ch 25, 9) par l’empereur babylonien Nabuchodonosor II (vers 642‑605‑562 av. J.-C.) en 586 av. J.-C. Cette destruction est dramatique pour le peuple juif qui s’est senti abandonné par Dieu. Lors de l’exil à Babylone, le sens de la présence de Dieu parmi son peuple en dehors du Temple est remis en cause, d’où les nombreux écrits de prophètes de cette période.
L’empereur perse Cyrus II (vers 600‑576‑530 av. J.-C.) qui conquiert l’empire babylonien, libère les Juifs, les autorise à retourner à Jérusalem et à reconstruire leur temple (Esd 1, 2). Le gouverneur Zorobabel (566-510 av. J.-C.) ramène un premier groupe d’exilés à Jérusalem et avec le grand‑prêtre Josué, reconstruit le temple entre 515 et 490 av. J.-C. (Esd 1, 2).
Le prêtre‑scribe Esdras (504-421 av. J.-C.) ramène un groupe de cinq mille exilés à Jérusalem vers 459 av. J.-C., rétablit la loi juive et le culte dans le Temple. Quant à la défense de Jérusalem, c’est le gouverneur Néhémie (473‑403 av. J.-C.) qui est le maître d’œuvre de la reconstruction des remparts de Jérusalem. Comme leurs ennemis s’opposent à ce projet, les bâtisseurs sont obligés de reconstruire les remparts de Jérusalem, l’épée d’une main, leurs outils de l’autre :

Nos ennemis apprirent que nous étions avertis et que Dieu avait déjoué leur plan ; ils se retirèrent et nous retournâmes au rempart, chacun à son travail. […] Ceux qui construisaient le rempart et ceux qui portaient et chargeaient les matériaux travaillaient d’une main et, de l’autre, tenaient une arme de jet. Chacun des bâtisseurs, tandis qu’il bâtissait, portait son épée attachée aux reins. Le sonneur de cor se tenait à côté de moi.
Néhémie 4, 9‑12

De là provient l’image de ces bâtisseurs avec l’épée et la truelle qui préfigure les moines chevaliers comme les templiers, à la fois bâtisseurs et combattants.
C’est également Néhémie qui retrouve une eau épaisse — de la naphte — qui s’enflamme et permet de rétablir le culte divin dans le Temple :

Néhémie, envoyé par le roi de Perse, fit rechercher le feu par les descendants des prêtres qui l’avaient caché. Comme ils expliquaient qu’en fait ils n’avaient pas trouvé de feu, mais une eau épaisse, il leur ordonna d’en puiser et de la rapporter. […] Le moment venu où le soleil, d’abord obscurci par les nuages, se remit à briller, un grand brasier s’alluma, ce qui suscita l’admiration de tout le monde. […] Néhémie et ses gens nommèrent ce liquide « nephtar », ce qui s’interprète par purification, mais on l’appelle généralement naphte.
2 Maccabées 1, 20‑22 ; 36

Embellissements par le roi Hérode Ier


Massacre des innocents par Hérode

Le roi édomite Hérode Ier le Grand (73‑37‑4 av. J.-C.),
auteur de nombreux massacres, — dont ici celui des enfants innocents
dans la tradition chrétienne — entreprend d’embellir le temple de Jérusalem
afin de s’attirer les faveurs de ses sujets.
Clôture nord du chœur de Notre‑Dame de Paris
© Julie de Lagaye

Au Ier siècle av. J.-C., le roi Hérode Ier le Grand (73‑37‑4 av. J.-C.), — roi descendant des Édomites, peuple hostile aux Hébreux, et donc usurpateur du trône d’Israël réservé à la lignée de Juda — cherche à attirer les faveurs de ses sujets, malgré ses nombreux massacres. À partir de 20 av. J.-C., il entreprend l’agrandissement et l’embellissement du Temple de Jérusalem. Cette reconstruction monumentale suscitera l’admiration des disciples du Christ. Toutefois, le Christ les avertit :

Jésus était sorti du Temple et s’en allait, lorsque ses disciples s’approchèrent pour lui faire remarquer les constructions du Temple. Alors, prenant la parole, il leur dit : « Vous voyez tout cela, n’est-ce pas ? Amen, je vous le dis : il ne restera pas ici pierre sur pierre ; tout sera détruit. »

Matthieu 24, 2

En effet, le temple d’Hérode est à son tour incendié en 70 ap. J.-C. par le général Titus (39‑81) — et futur empereur romain — lors de l’occupation par les Romains de la Palestine. Même détruit, les restes de ce temple conservent une valeur religieuse et symbolique très forte.
Après la conquête de la Palestine par les Musulmans en 634 et la prise de Jérusalem en 638, est construit le Dôme du Rocher en 691. Ce sanctuaire se situe sur l’emplacement du Saint des Saints et abrite la pierre de fondation du Temple. Selon certaines traditions, cette pierre cache une crypte, « le puits des âmes » sous laquelle auraient été cachés les trésors du Temple. C’est sur cette pierre qu’aurait été posée l’Arche d’Alliance. Le prophète Zacharie évoque cette pierre dans une vision du grand prêtre Josué :

Sur cette pierre, il y a sept yeux. Voici que je vais graver moi-même son inscription, oracle de Yahvé Sabaot, et j’écarterai le péché de ce pays en un seul jour.
Zacharie 3, 9

En 1119, après la reprise de Jérusalem par les Croisés en 1099, le roi de Jérusalem Baudoin II (1075‑1132) confie à l’ordre des Pauvres chevaliers du Christ un emplacement dans les restes du temple de Salomon ; c’est pourquoi ces chevaliers prennent le nom de Templiers (2 Ch 9, 25) :

Dans le cours de la même année, quelques nobles chevaliers, hommes dévoués à Dieu et animés de sentiments religieux, se consacrèrent au service du Christ, et firent profession entre les mains du patriarche de vivre à jamais, ainsi que les chanoines réguliers, dans la chasteté, l’obéissance et la pauvreté. Les premiers et les plus distingués d’entre eux furent deux hommes vénérables, Hugues de Pains et Geoffroi de Saint-Aldemar. Comme ils n’avaient ni église, ni résidence fixe, le roi leur concéda pour un certain temps un logement dans le palais qui est situé auprès du temple du Seigneur, du côté du midi. […] Comme le lieu de leur résidence est dans le palais royal qui se trouve situé près du temple du Seigneur, on les appelle Frères chevaliers du Temple.
Guillaume de Tyr, Histoire des croisades, livre XII, chapitre VII

Ainsi, quelle que soit l’époque, le temple de Jérusalem, par sa dimension sacrée, possède une dimension universelle, déjà mentionnée dans le deuxième livre des Maccabées, vers 124 av. J.-C. :

Des braves qui luttèrent généreusement pour le judaïsme […] recouvrèrent le sanctuaire fameux dans tout l’univers, […] le Seigneur leur ayant été propice avec toute sa mansuétude.
2 Maccabées 2, 21-22

De même que le Temple de Jérusalem, lieu de la rencontre entre le peuple hébreu et son Dieu, la cathédrale Notre-Dame de Paris est ce lieu où l’homme est réintégré à Dieu pour ne faire qu’un avec lui à travers la réception du corps du Christ lors de la communion.

Symbolique architecturale
du temple et de la cathédrale


Temple de Salomon et Notre-Dame de Paris

La progression du profane au sacré est analogue entre le temple de Salomon et les cathédrales comme Notre‑Dame de Paris, avec le porche, la nef et le chœur.

Même si ce glorieux temple « fameux dans tout l’univers » a été détruit bien avant l’édification des édifices chrétiens, il en inspire leur symbolique comme à Notre-Dame de Paris.
Les deux sont reposent sur une progression tripartite, allant des espaces les plus profanes aux plus sacrés, permettant au fidèle de s’approcher de Dieu, suivant un cheminement spirituel.

Le porche

La première partie est le porche du temple qui correspond au narthex de la cathédrale.
Le Ulam (אולם qui signifie « vestibule », « portique », 1 Rois 6, 3) ou le vestibule, le porche d’entrée est le lieu de passage entre le monde matériel, profane — pro fanum en latin, c’est‑à‑dire « devant le Temple » — et le monde sacré, celui du divin. Dans la cathédrale, il s’agit du porche ou du narthex, situé derrière la façade et devant les premiers piliers de la nef.
Seuls les prêtres peuvent y entrer après avoir été purifiés, les fidèles restent sur le parvis, à l’extérieur du Temple.
À l’extérieur de cet espace, se dressent deux colonnes appelées Jakin (יכין) « Il établit » et Boaz (בעז) « Il est ma force » :

Il dressa les colonnes devant le vestibule du sanctuaire ; il dressa la colonne de droite et lui donna pour nom : Yakîn ; il dressa la colonne de gauche et lui donna pour nom : Boaz.
1 Rois 7, 21

Force et Création sont les deux attributs divins de Dieu. Ces deux colonnes marquent la séparation entre le monde profane et le monde sacré.
Le Ulam ou le narthex est donc un lieu de transition, de purification. C’est dans cet espace de la cathédrale que le fidèle se purifie en faisant sur lui le signe de croix avec l’eau bénite.

Hékal ou le Saint temple

Le Hékal (היכל qui signifie « Temple » mais aussi « Palais », 1 R 6, 17) est la partie qui mène au Saint des Saints. Il marque la progression du fidèle vers la Lumière.
C’est dans ce lieu que sont gardés le candélabre à sept branches (Ménorah), la table des pains de proposition et l’autel des parfums. Les prêtres ne peuvent y entrer que pour allumer et entretenir le chandelier à sept branches, renouveler les pains chaque semaine et offrir l’encens sur l’autel des parfums, chaque jour. Cela, depuis le Grand Prêtre Aaron et la tente du Rendez‑Vous dans le désert :

Quand, chaque matin, Aaron viendra entretenir les lampes, il y brûlera de l’encens aromatique. Et quand, au coucher du soleil, il viendra allumer les lampes, il y brûlera à nouveau de l’encens. De génération en génération, l’encens montera perpétuellement devant le Seigneur.
Exode 30, 7-8

Dans la cathédrale, le Hékal correspond à la nef, accessible aux fidèles, appelés à être prêtres, afin de participer aux offices religieux :

Mais vous, vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis, pour proclamer les louanges de Celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière.
1 Pierre 2, 9

Saint des saints ou Débir

Le Débir (דביר « l’Oracle », c’est‑à‑dire la parole de Dieu) ou le Saint des Saints est le lieu qui contient l’Arche de l’Alliance. C’est l’espace le plus sacré du Temple :

Et le Saint des saints, au milieu de la Maison, à l’intérieur, Salomon l’établit pour qu’on y dépose l’arche de l’Alliance du Seigneur.
1 R 6, 19

Seul le Grand Prêtre peut y pénétrer, une fois par an, lors de la fête du Grand Pardon (Yom Kippour), après de nombreux rites de purification, dont cinq immersions et dix sanctifications, et la confession de ses péchés à Dieu (cf. Midrash Yoma 3).
Dans la cathédrale, le Débir correspond au chœur, l’espace le plus sacré de l’édifice. Réservé à la célébration de la messe, il abrite le tabernacle, petite armoire où sont conservées les hosties consacrées, pain qui devient le corps du Christ lors de la messe. Seuls les prêtres et leurs servants peuvent y accéder.
Cette triple disposition en trois espaces est également présente chez l’homme avec le corps dimension matérielle, l’âme principe de vie et l’esprit ouvert au divin.
Bien que détruit, ce temple — maison de Dieu — correspond à une réalité historique et géographique suffisamment forte pour être liée à Notre‑Dame de Paris.

L’axe du chœur de Notre-Dame de Paris
est-il orienté vers le temple de Jérusalem ?

Le Temple de Jérusalem — mais aussi de nombreux temples de l’Antiquité —sont orientés vers l’ouest afin que la lumière entre dans l’édifice par l’orient, au lever du jour. Au contraire, Notre‑Dame de Paris — et la plupart des cathédrales — sont orientées vers l’est, en direction du lever du soleil, symbole de la lumière du Christ :

En effet, comme l’éclair part de l’orient et brille jusqu’à l’occident, ainsi sera la venue du Fils de l’homme.
Matthieu 24, 27

Vu de l’Occident, le temple de Salomon se situe à l’Orient. Pour être plus précis, une rumeur non sourcée affirme que l’axe du chœur de Notre‑Dame de Paris serait orienté vers le temple de Jérusalem. C’est ce que nous allons vérifier.

Vérification de l’orientation
du chœur de Notre‑Dame de Paris
vers le temple de Jérusalem

Avec Google Earth, outil gratuit de cartographie en ligne, nous tracerons un axe reliant le chœur de Notre‑Dame de Paris au dôme du Rocher, situé sur l’emplacement du temple de Jérusalem.[1]
De plus, certaines fenêtres d’informations complémentaires peuvent apparaître, il ne faut pas hésiter à les fermer.

Préparation du projet

  1. Dans son navigateur Internet, accéder au site de Google Earth :
    https://earth.google.com

Accès à Notre-Dame de Paris

  1. Dans la zone de recherche, en haut à gauche, saisir « Notre-Dame de Paris »,
  2. Dans la liste des résultats, cliquer sur le premier :
    « Notre-Dame de Paris, Parvis Notre Dame… »
    Accès à Notre-Dame de Paris
  3. Pour une meilleure lisibilité, désactiver la vue 3D :
    • Cliquer sur le bouton des paramètres de carte, le bouton de plan en bas à gauche,
    • Dans « Plus de visuels », désactiver « Bâtiments 3D »,
      Désactivation de la 3D
  4. Pour une meilleure précision, cliquer sur le bouton des commandes d’orientation et d’inclinaison, la boussole en bas à gauche :
    Inclinaison et orientation

    • Cliquer sur « Rétablir l’orientation… »,
    • Faire glisser le curseur de l’inclinaison au minimum.

Tracé de Notre‑Dame de Paris jusqu’à Jérusalem

Faire tourner la molette de la souris afin de zoomer pour augmenter la précision ou, au contraire, dézoomer pour accélérer le déplacement.

  1. Dans la barre d’outils, en haut, cliquer sur la règle :
    Activation de la règle
  2. Cliquer là où doit commencer l’axe : au début du chœur :
    Axe du chœur
  3. Dézoomer avec la molette de la souris et, en maintenant le bouton gauche de la souris enfoncé, faire glisser la carte jusqu’à Jérusalem :
    Tracé jusqu'à Jérusalem
  4. Zoomer jusqu’à ce qu’apparaisse le dôme du Rocher (Dome of the Rock en anglais) :
    Arrivée au Dôme du Rocher
  5. Cliquer deux fois sur le dôme du Rocher pour arrêter le tracé.

Vérification de l’axe entre Notre-Dame de Paris et le dôme du Rocher

  1. Dézoomer avec la molette de la souris et, en maintenant le bouton gauche de la souris enfoncé, suivre l’axe pour revenir à Notre‑Dame de Paris.
  2. Arrivé à Notre-Dame de Paris, zoomer : la ligne tracée, en jaune, suit parfaitement l’axe du chœur de Notre‑Dame de Paris :
    Axe du chœur

Le chœur a été édifié de 1163 à 1177. Au XIIe siècle les artisans de Notre‑Dame de Paris ont su orienter leur cathédrale en direction de Jérusalem.

Axe de la nef de Notre‑Dame de Paris

La nef de Notre‑Dame de Paris est décalée de 26° par rapport à l’est, contre 23,5° pour le chœur. Par ce décalage de quelques degrés, en traçant une ligne entre l’axe de la nef et le temple de Jérusalem, il apparaît que l’axe de la nef n’est pas aligné vers Jérusalem :
Axe décalé de la nef
La ligne jaune de l’axe du chœur est reliée à Jérusalem ; la ligne rouge est l’axe de la nef. Contrairement au chœur, le décalage de quelques degrés entre les deux axes est visible.
À travers cette orientation de Notre‑Dame de Paris, cela préfigure la marche de tous les peuples vers Jérusalem :

En ce temps-là, on appellera Jérusalem « Trône de Yahvé » ; toutes les nations convergeront vers elle, vers le nom de Yahvé, à Jérusalem, et elles ne suivront plus l’obstination de leur cœur mauvais.
Jérémie 3, 17.

Orientation d’autres cathédrales gothiques

Cette orientation de l’axe du chœur ou de la nef vers Jérusalem n’ait pas qu’une simple coïncidence due à une approximation. En effet, cet axe vers Jérusalem est très net sur certaines cathédrales mais pas sur d’autres.
Dans les photos qui suivent, tirées de Google Earth, la ligne jaune relie l’édifice au Dôme du Rocher et la ligne rouge montre l’axe de la nef.

Cathédrale orientée vers Jérusalem

Saint-Étienne de Bourges (1195‑1230)

Bourges

Cathédrales non orientées vers Jérusalem

Le trait en rouge montre l’axe de la nef.
Le trait en jaune représente la direction vers le temple de Jérusalem.

Notre-Dame d’Amiens (1220-1402)

Toutefois, pour Amiens, l’écart est minime.
Amiens

Notre-Dame‑de‑l’Assomption de Rouen (1145‑1506)

Rouen

Notre-Dame de Noyon (1145‑1235)

Noyon

Saint-Pierre de Beauvais (1225…)

Beauvais

Saint-Étienne de Toulouse (1272‑1609)

Toulouse

Notre-Dame-de-l‘Assomption de Clermont‑Ferrand (1248-1474)

Clermont-Ferrand

Notre-Dame du Puy-en-Velay (XIe siècle-XIIIe siècle)

Le Puy

Notre-Dame de Laon (1150‑1235)

Laon

Cathédrale Saint-Étienne de Sens (1135-1564)

Sens

Saint-Léonce de Fréjus (Ve siècle-XVIe siècle)

Fréjus

Notre-Dame de Reims (1211-1345)

Reims

Notre-Dame de Strasbourg (1176‑1439)

Strasbourg

Notre-Dame de Chartres (1194‑1230)

Chartres

La Cité sans Temple


Plaies du Christ au-dessus de la Jérusalem céleste

Cet axe qui mène de Notre-Dame de Paris à Jérusalem
nous encourage à nous élever vers la Jérusalem céleste,
la Cité Sainte où l’homme est en présence de son Dieu,
véritable Temple.
Portail central de la façade occidentale de Notre-Dame de Paris
© Julie de Lagaye

L’inclinaison du chœur de Notre‑Dame de Paris par rapport à la nef est certainement due à des contraintes techniques, notamment liées à l’existence de l’ancienne basilique dédiée à Saint‑Étienne. Pour l’homme médiéval, cette inclinaison du chœur ne peut être liée au hasard. La cathédrale étant en forme de croix — l’axe de la nef est coupé par celui du transept —, l’inclinaison du chœur rappelle celle de la tête du Christ sur la croix :

Jésus dit : « Tout est accompli. » Puis, inclinant la tête, il remit l’esprit.
Jean 19, 30

Cet axe reliant le chœur de Notre‑Dame avec le temple de Salomon rappelle cette quête du temple divin présent dans notre cœur :

Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous ?
1 Corinthien 3, 16

Le véritable temple est donc à l’intérieur de nous. Il est le même axe qui mène à la Cité sainte, la Jérusalem Céleste, la ville qui n’a pas besoin de temple :

Il montra la Cité sainte, Jérusalem, qui descendait du ciel, de chez Dieu. […] Je ne vis point de temple dans la ville ; car son temple c’est le Seigneur, le Dieu Maître-de-tout, ainsi que l’Agneau.
Apocalypse 21, 10‑22

Ainsi, cet axe qui relie le chœur de Notre‑Dame de Paris au Temple de Jérusalem nous invite à remonter du sanctuaire terrestre vers la Cité Sainte pour y rencontrer Dieu.

Liens pour en savoir plus
sur les calculs de déclinaison et d’azimut

Explication sur la déclinaison et l’azimut

Téléchargement du fichier PDF expliquant les calculs de déclinaison et d’azimut

Tableau Excel pour calculer l’azimut en fonction d’un lieu et d’une date

Le tableau Excel pour le calcul de l’azimut permet de connaître l’azimut du lever du soleil en fonction d’une date et de la latitude d’un lieu. Cela peut être pratique pour vérifier si l’orientation d’un édifice correspond au lever du soleil à une date précise.
Téléchargement du tableau Excel permettant de calculer l’azimut d’un lieu
Aucune macro n’est nécessaire, cliquer sur le bouton Activer la modification, en haut à droite pour utiliser ce tableau.

Onglet « Azimut »

  • Dans Ville, saisir la ville voulue (facultatif) ;
  • Latitude, saisir la latitude du lieu (avec une virgule) ;
  • Date : saisir la date voulue sous la forme JJ/MM.
    Un graphique visualise l’azimut du lever de soleil, par rapport à l’Est, du lieu et de la date choisis.

Onglet « Calendrier »

Donne, pour chaque jour de l’année, l’azimut du lieu choisi (afin d’identifier la date correspondant à l’orientation d’un bâtiment e vers le lever du soleil).

Onglet « Explications »

Explications sur ce qu’est la déclinaison solaire et l’azimut.


[1] Le site de Google Earth évolue régulièrement.
La méthode décrite a été effectuée le 1er mars 2026.